Les hébergeurs français et la loi de renseignement

Dans un article publié sur son site l’hébergeur roubaisien OVH s’interoge : « Le gouvernement veut-il contraindre les hébergeurs Internet à l’exil ?’. il précise qu’avec une croissance annuelle de 30% les hébergeurs français se développent, créent des milliers d’emplois directs et indirects, et investissent des centaines de millions d’euros tous les ans en France. Et pourtant, par le biais du projet de loi renseignement en procédure accélérée, le gouvernement français les contraindra à l’exil. Pourquoi ?

Imposer aux hébergeurs français d’accepter une captation en temps réel des données de connexion et la mise en place de « boîtes noires » aux contours flous dans leurs infrastructures, c’est donner aux services de renseignement français un accès et une visibilité sur toutes les données transitant sur les réseaux. Cet accès illimité insinuera le doute auprès des clients des hébergeurs sur l’utilisation de ces « boîtes noires » et la protection de leurs données personnelles. Les entreprises et les particuliers choisissent un hébergeur sur des critères de confiance et de transparence, qu’il ne sera plus possible de respecter car seuls les services de l’État auront, directement ou indirectement, le contrôle et la connaissance de ces données.

De plus, les hébergeurs français n’hébergent pas que des clients français … Ces clients viennent parce qu’il n’y a pas de Patriot Act en France, que la protection des données des entreprises et des personnes est considérée comme importante. Si cela n’est plus le cas demain en raison de ces fameuses « boîtes noires », il leur faudra entre 10 minutes et quelques jours pour quitter leur hébergeur français. Pour nous le résultat est sans appel : nous devrons déménager nos infrastructures, nos investissements et nos salariés là où nos clients voudront travailler avec nous.

Lire le texte complet.

De son coté La Voix du Nord rappelle que « l’entreprise roubaisienne avait annoncé la semaine dernière la création d’un millier d’emploi dans un campus dont les travaux doivent démarrer incessamment ». Le Monde souligne que « rarement une loi n’aura fait autant l’unanimité contre elle au sein de la société civile ». C’est ainsi que « le juge antiterroriste Marc Trévidic, le Conseil national du numérique, le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe et même la Commission numérique de l’Assemblée ont tous vertement critiqué le texte« .

Le monde merveilleux des objets connectés

L’attaque dont a été victime TV5 Monde en a surpris plus d’un. Beaucoup n’imaginaient même pas qu’une intrusion informatique puisse avoir de telles conséquences: bloquer pendant plusieurs heures tout le fonctionnement d’une chaîne de télévision.

L’enquête est loin d’être achevée. Elle précisera sans doute – au moins en partie – les raisons techniques de ce sinistre et montrera que le facteur humain y a largement contribué, comme cela se produit dans 84% des cas, selon une étude publiée en 2014.

Des estimations font état d’un coût de plusieurs millions pour les conséquences du sinistre, incluant sans doute les mesures de renforcement des dispositifs de sécurisation et de sensibilisation des personnels. TV5 est une grande structure qui peut mobiliser un certain budget pour faire face à une telle situation qui n’est finalement rien d’autre que la prise de contrôle d’un objet connecté.

Mais qu’en est-il des objets connectés qui ne disposent pas des telles ressources pour assurer leur sécurité ? Des objets comme ceux qu’on ne cesse de nous offrir et de nous annoncer pour un avenir toujours meilleur. Maison connectée qui se pilote à distance à partir d’un smartphone, par exemple. Cette question avait été abordée par le FIC 2014 dont Intellinor avait rendu compte dans ce billet Quelle sécurité pour les objets industriels connectés ? La grande différence entre un sinistre comme celui que vient de connaître TV5 et celui éventuel d’une maison connectée tient précisément au budget alloué à la sécurisation de cet équipement. Ajouter des dispositifs pour assurer la sécurité du réseau informatique domestique reviendrait à augmenter le prix de l’équipement de façon dissuasive pour l’acheteur.

L’utilisateur doit donc compter essentiellement sur lui-même pour optimiser la sécurité de ses objets connectés : apprendre à en faire un usage raisonné avec une vigilance attentive. Il pourra aussi s’inspirer du « Guide des bonnes pratiques de l’informatique » publié par l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) à l’intention des petites entreprises mais dont les conseils, de portée générale, seront très utiles.

La totalité de l’électricité française en renouvelable à l’horizon 2050 ?

Selon un rapport publié par Médiapart  et qu’on peut lire sur Libération « à l’horizon 2050, la France pourrait tirer la totalité de son électricité de ressources renouvelables, sans nucléaire. Et cela, à un coût comparable à celui  de l’atome« . Ce rapport est la conclusion d’une étude conduite par l’ADEME.

Selon ce rapport la capacité de production des énergies renouvelables représenterai, à l’horizon 2050, trois fois la demande d’électricité à la même époque.

Le coût du Kwh serait 30% plus cher qu’aujourd’hui mais pratiquement pas plus cher que le mix actuellement prévu avec 50% de nucléaire (loi de transition énergétique en cours de discussion).

Le Point Une électricité 100 % verte en France, est-ce possible ?

Libération Une électricité 100% verte en France : un scénario possible selon une étude

La Tribune La possibilité d’une électricité 100% verte en France

Le Monde En France, 100 % d’électricité renouvelable n’est pas plus coûteux que le nucléaire

Un record difficile à battre…

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Le financement de l’action pour sauver le climat, enjeu central de la COP21 à Paris

Le financement de l’action pour sauver le climat a été discuté par les parlements nationaux et le Parlement européen le lundi 30 mars, lors de l’audition conjointe sur la conférence sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre 2015. Les parlementaires nationaux se sont mis d’accord sur le fait que leur travail commence maintenant, en s’assurant que leurs gouvernements se rendent à Paris avec les bonnes positions.

Selon Jo Leinen, député démocrate-socialiste allemand, l’argent sera le gros problème. «Qui viendra avec les centaines et milliards d’euros qui devront être présentés à Paris ?» a-t-il demandé.
Pour Gerben-Jan Gerbrandy, député démocrate-libéral néerlandais, «tant que les pays riches ne voudront pas payer plus pour s’attaquer au changement climatique, les pays pauvres ne voudront pas vraiment s’avancer avec de grands objectifs pour la réduction des émissions de CO2».

Bas Eickhout, député vert néerlandais, a dit que c’était plutôt aux ministres des finances de se rendre à Paris : « ce qui permettra de trouver un accord ou non à Paris, ce sera le financement ». Il a ajouté que si les pays développés ne délivrent pas comme promis 100 milliards de dollars par an d’ici 2020, ce sera la fin de la diplomatie environnementale.

Source : COP21: à la recherche de financement

Plan d’action contre les cybermenaces

Au cours de son discours d’ouverture du FIC 2015 à Lille, le mardi 20 janvier, le ministre de l’intérieur a précisé le plan d’action gouvernemental contre les cyber-menaces. Ce plan tient en six points.

1 Disposer en permanence d’une vision claire et actualisée des cyber-menaces (rapport annuel, outil statistique, indicateurs caractérisant l’évolution de la menace.

2 Renforcement des capacités d’analyse et des réponses opérationnelles, autour notamment du cyber préfet.

3 Mettre en place une politique de sensibilisation et de prévention du public, en particulier envers les jeunes publics (opération permis internet auprès des élèves de CM2).

4 La recherche et le développement pour disposer d’un tissu industriel solide à même de proposer des solutions de cybersécurité éprouvées.

5 Renforcer le niveau de sécurité du système d’information du ministère.

6 Promouvoir l’action internationale du ministère de l’intérieur dans la lutte contre les cyber-menaces

Ce plan est prévu en réponse à trois grandes menaces :le cyber terrorisme, les cyber-attaques contre les entreprises et les attaques contre les particuliers (chantage sur internet, escroquerie CB, etc).

Toutes les données environnementales de la région Nord-Pas de Calais

A l’occasion de JADDE 2014, la DREAL a présenté les deux premiers ouvrages d’un travail en cours visant à présenter le profil environnemental en région Nord – Pas-de-Calais.

L’objectif recherché est une mise à plat la plus complète possible de la connaissance environnementale dans toute la région. Ce panorama factuel est destiné à mettre à disposition de tous des informations claires pour une bonne compréhension des évolutions de notre environnement et des phénomènes qui y contribuent, et ainsi de donner les clefs pour une action qui s’inscrive davantage vers la transition écologique et énergétique pour une croissance verte.

« L’état des lieux de l’Environnement » en région a constitué le tome 1 de ce diagnostic, qui rappelait les richesses, souvent méconnues, de l’environnement régional. A présent, ce diagnostic se complète avec le tome 2 qui détaille les impacts des activités humaines sur notre environnement.  Ce tome « Pressions de l’Environnement en Nord – Pas-de-Calais »  offre une mise en perspective dynamique de l’état des lieux de l’environnement, en exposant les forces les plus susceptibles de modifier la situation régionale environnementale, de manière négative comme de manière positive.

L’ouvrage est téléchargeable au format pdf.

L’étude comprend de très nombreuses cartes et infographies basées sur les données principales concernant l’environnement en région.

Controverses autour du traité transatlantique

Le traité transatlantique en cours de négociation est l’objet de controverses virulentes. Pourquoi une telle force ? De quoi s’agit-il ?.

Sous le nom de TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership), dont l’équivalent français est PTCI pour « partenariat transatlantique de commerce et d’investissement ». En France les opposants emploient plutôt l’appellation TAFTA (Transatlantic Free Trade Agreement).  Il s’agit d’un traité de libre-échange transatlantique entre l’Union Européenne et les États-Unis.

Le journal Le Monde en a donné une analyse détaillée dans Les Décodeurs en mai dernier. On y trouve des liens vers le texte du mandat de négociation et celui d’un avant-projet du traité.

Parmi les reproches principaux celui du manque de transparence. Sur ce point la nouvelle Commission Européenne vient de prendre des engagements. « La Commission a également adopté une communication de la commissaire Malmström décrivant la manière d’accroître la transparence en ce qui concerne les négociations sur un partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP). La Commission considère qu’il est essentiel de veiller à ce que le grand public dispose d’informations exactes et complètes sur les intentions de l’UE dans le cadre des négociations, de répondre aux préoccupations et de dissiper les malentendus« . Dans les actions proposées on relève : « rendre publics davantage de textes de négociation de l’UE » ou « donner accès aux textes relatifs au TTIP à tous les députés européens, et pas seulement à quelques-uns« .

Sur le fond, le but du est d’harmoniser les normes de part et d’autre de l’Atlantique et donc d’effacer ce que le jargon du traité appelle des « barrières non tarifaires ». Cela concerne des des normes techniques (la couleur des clignotants de voiture) mais peut aussi porter sur les conditions de travail, différentes en Europe et aux Etats-Unis. « C’est là que le bât blesse : la suppression des obstacles commerciaux risque de vider de leur substance les législations européennes sur l’environnement et la protection du consommateur » (Libération Le traité transatlantique n’est pas qu’une affaire de clignotants).

Autre reproche : il va graver certains principes libéraux dans le marbre, et par exemple empêcher les Etats européens  de favoriser leurs entreprises nationales au détriment des concurrents étrangers. Impossible donc, ou presque, de promouvoir le « made in France ».

Mais le principal obstacle pour les opposants (et beaucoup d’observateurs qui essaient de prendre du recul) serait le mécanisme de règlement des différends des entreprises vis à vis des états notamment. Il permettrait par exemple à une multinationale américaine d’attaquer la France ou l’Union européenne devant un tribunal arbitral international, plutôt que devant la justice française ou européenne. Voir l’article détaillé de Le Monde sur cette question : Le traité Tafta va-t-il délocaliser notre justice à Washington ?

Le sujet est complexe mais engage l’avenir. C’est pourquoi il est regrettable que le débat soit si peu présent dans le domaine public. Un effort de pédagogie est à entreprendre d’urgence pour sensibiliser l’opinion publique sur cet enjeu. On pourra consulter cette FAQ du site France Diplomatie qui répond à 27 questions, la page de référence d’Euractiv ou Wikipedia.

Innover avec modération

L’innovation est présentée de façon constante comme un point de passage obligatoire à la survie de toute entreprise, innovation sans laquelle aucun salut n’est envisageable. Ce qui est vrai. Mais ce discours est-il correctement adapté ?

C’est le sujet de réflexion du journaliste Emmanuel Davidenkoff de L’Express dans un billet récent intitulé « Du bon usage de l’innovation« . Il rappelle fort justement que « l’innovation n’est pas une fin, mais un moyen, celui d’ancrer la France et l’Europe dans une économie de la connaissance pérenne ».

Sa réflexion s’appuie sur trois points.

  • une structure n’a pas besoin pour innover que 100% des individus qui l’animent soient innovants.
  • la fragilité de l’esquif innovant n’a pas moins d’inconvénients que la lourdeur du prudent paquebot lent à prendre les virages.
  •  l’injonction d’innover peut déstabiliser des professionnels ou des structures efficaces, au risque de leur faire perdre leurs atouts anciens avant que de nouveaux aient pris le relais, phénomène particulièrement sensible quand « innover » rime avec « réformer ».

Finalement trouver le tempo adapté et les mots justes pour conduire le changement est un enjeu stratégique, bien plus que la seule incantation de l’innovation .

L’attractivité de la France se confirme

L’Agence française pour les investissements internationaux (AFII) vient de publier son étude annuelle.

Élaboré depuis 1993, le «Bilan France » recense les projets d’investissement d’origine étrangère créateurs d’emploi. Il
repose sur des annonces fermes et validées des projets et comptabilise le nombre d’emplois associés. Il fournit des statistiques
détaillées par secteur d’activité, type d’opération et de fonction, pays d’origine et région d’accueil.
Le «bilan France» recense l’ensemble des projets d’investissement étranger qui créent ou maintiennent des emplois en
France et comptabilise les emplois associés.
Sont pris en compte les projets créateurs d’au moins 10 emplois, à l’exception des primo-implantations pour les investisseurs
non-européens ainsi que les projets à forte valeur ajoutée (recherche et développement, design, ingénierie, quartiers généraux,
services aux entreprises (financiers, juridiques, formations…)), recensés dès le 1er emploi.
L’attractivité de la France est reconnue par les investisseurs étrangers 64% des investisseurs interrogés considèrent que la France est une destination attractive pour les investisseurs étrangers, contre 53% en 2009.