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Nov 27 2013

Le coût élevé de la transition énergétique

Ce lundi 25 novembre 2013 le cabinet Kurt Salmon, en partenariat avec HEC Paris, a présenté « la première édition de son étude annuelle sur les implications économiques des transitions énergétiques en Europe. L’objectif de cette première étude est de faire le point sur les stratégies économiques sous jacentes aux programmes de transition énergétique de trois pays, qui représentaient à eux seuls près de 40 % de la consommation pétrolière de l’Union européenne en 2012 : l’Allemagne, l’Espagne et le Royaume-Uni ».

Selon cette étude « le constat est implacable : ce sont des centaines de milliards d’euros que ces pays vont devoir financer au cours des deux prochaines décennies pour atteindre leurs objectifs en matière de réduction des gaz à effet de serre ».

Le rapport constate que deux stratégies économiques se distinguent : investissements pour l’amélioration de la productivité du secteur électrique au service de la compétitivité prix au Royaume-Uni ou bien recherche d’un nouveau modèle de croissance économique en Allemagne, appuyée par une approche structurelle de la compétitivité énergétique et du pays.

Stratégies

Les trois pays présentent trois stratégies de transition énergétique distinctes avec des résultats contrastés :

  • L’Energiewende (« transition énergétique » en allemand) constitue bel et bien un tournant historique pour l’Allemagne et présente d’ores et déjà des transformations substantielles de son offre en énergie, à travers la montée en puissance des énergies renouvelables ;
  • La doctrine de soutenabilité énergétique espagnole est en échec économique et aucune relance du projet de transition énergétique ne semble envisageable sans une véritable réforme structurelle du secteur électrique ;
  • La stratégie de décarbonisation de l’économie du Royaume-Uni est une réflexion au long cours, qui se traduit, à court terme, par la relance du programme nucléaire.

Investissements

Les besoins d’investissements sont considérables. Par exemple, pour l’Allemagne ils sont évalués à 400 milliards d’euros  à l’horizon 2030, dont 100 milliards à la charge des particuliers à travers leur contribution inchangée . L’augmentation du prix de gros de l’électricité (+ 44 %) et de la tonne CO2 (+ 467 %) à l’horizon 2020 par rapport à 2013 est d’ores et déjà assumée dans les hypothèses économiques de référence.

Incidence sur l’emploi

L’étude souligne « qu’il n’existe toutefois pas d’étude de référence au sujet de l’impact de la transition énergétique sur l’emploi » alors que la mesure précise des mouvements devrait à l’évidence constituer un des critères de décision de la puissance publique.

« il n’existe pas d’étude économique des implications des transitions énergétiques sur l’emploi à l’échelle des pays. Chaque pays continue de présenter les bilans annuels de l’emploi par secteur et filière, sans analyse des transferts/destructions/créations d’emplois induits par les orientations de leurs politiques de l’énergie ».

Voilà pourtant un indicateur qui serait éclairant.