Visites récentes

Dossiers intellinor

Mardi 17 Janvier 2006

L’intranet chinois

A la fin 2005 les internautes des pays émergents sont près de 200 millions dont 12O millions de chinois. Autant de connaissances partagées dans des langues que nous maîtrisons peu !

Avec un effectif 120 millions d’internautes, la Chine est devenue en 2005 la deuxième nation au monde.
Au cours de cette même année le nombre total d’utilisateurs d’internet dans le monde a dépassé le milliard contre 45 millions en 1995 et 420 millions en 2000. Le cap des 2 milliards pourrait être franchi en 2011.
La croissance la plus forte est enregistrée en Chine, en Inde, au Brésil, en Russie et en Indonésie.
La France se situe au 9° rang avec un peu moins de 29 millions d’utilisateurs.
Ces indications sont tirées d’une étude que vient de publier eTForecasts, société américaine spécialisée en études de marché.
Selon Alexa, qui mesure la fréquentation des sites, à ce jour on trouve 4 sites chinois parmi les 10 premiers. Dans la catégorie business c’est http://www.sohu.com qui arrive en tête.

Le lancement le 1° janvier 2006 du site du gouvernement central de la République populaire de Chine, http://www.gov.cn, a déclenché un phénomène de curiosité dans les premiers jours. Selon le site http://www.china.org.cn , il s’est situé rapidement à la 744e place des sites mondiaux, puis s’est hissé au 277° rang, devançant le site du gouvernement canadien pendant un moment. Aujourd’hui Alexa le situe aux alentours du rang 1800.

Le site http://www.gov.cn est également proposé dans une version en langue
anglaise. La comparaison des deux est intéressante.
image
Comme le montrent les images, les contenus diffèrent selon les versions, ce qui est assez logique puisque chaque version s’adresse à un public différent. Mais la conséquence est que celui qui ne maîtrise que l’anglais n’accède qu’à une partie des informations publiées. La connaissance de la langue chinoise, considérée jusqu’à maintenant comme un avantage appréciable, va s’avérer indispensable pour les acteurs du monde économique. Ceci induit des comportements nouveaux. Comme le besoin en outils de traduction automatisée. Notons que l’offre disponible semble déjà satisfaisante si on en juge par le test fait avec http://www.lexilogos.com/traduction_multilingue.htm Lexilogos pour traduire la page d’accueil de http://www.gov.cn . Le résultat est loin d’être...du chinois !
image

La France fait de nombreux efforts, notamment à travers les formations supérieures comme l’enseignement du chinois à l’école des mines de Nancy par exemple à HEC ou à l’ECE de Paris depuis décembre 2005.
Bien entendu tout les pays font des efforts dans ce sens du Danemark à l’Indonésie.
A l’inverse de nombreux sites chinois proposent des versions dans les langues occidentales ou Radio Chine International qui offre 45 options linguistiques en indien, indonésien, espéranto, tamil…
Sur la période 2000-2005 la Chine a affiché une croissance de 285% en terme de pénétration de langue sur internet. Les prochains JO seront l’occasion d’amplifier le phénomène.

Quels enseignements tirer de ces observations ?
Elles montrent que de plus en plus, et dès maintenant, une quantité importante d’informations, de connaissances, de savoir va s’échanger dans des langues que nous ne maîtrisons pas ou très peu. Après avoir beaucoup expliqué que la société du futur serait une société du savoir et que l’économie de la connaissance compenserait les pertes subies par l’économie de la production, l’Occident serait bien inspiré de ne pas se laisser surprendre par le phénomène. Contrairement à la délocalisation industrielle qui se traduit par un vide dans le tissu local, la délocalisation de ’information sera vécue comme une invasion.
Il est intéressant de lire, dans les conclusions des Rencontres d’Autrans 2006 (qui viennent de s’achever) sur le thème « internet dans 10 ans », que « l’internationalisation croissante et la question cruciale de la langue sur Internet sont également apparus comme des enjeux de demain » à côté d’aspects technologiques comme l’estimation de 3,5 milliards de téléphones portables tous reliés à internet.

L’enjeu est moins de s’interroger sur ce que sera l’avenir que sur la façon de s’y préparer comme le suggérait Saint-Exupéry quand il écrivait« pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible » .
Réfléchir sur la part des langues et des cultures dans l’internet de demain contribuera certainement au possible de notre avenir. Bien sûr des communications scientifiques, technologiques et culturelles continueront à s’échanger dans des langues occidentales amies. Mais la connaissance du chinois sera bien le mot de passe pour accèder à l’intranet de l’Empire du Milieu en passe de devenir le centre du monde virtuel.


A propos

Intellinor s'adresse aux acteurs de l'intelligence économique en région Nord-Pas de Calais et à tous ceux que les logiques d'intelligence économique interpellent ou intéressent. Pour en savoir plus

Recherche


Recherche avancée

Lire sur Activeille

Liste de liens