Alain Juillet: les enjeux de l’intelligence économique
Alain Juillet est intervenu au cours du congrés TELMI qui s’est tenu à Lille le 30 mars 2006. Dans son intervention il s’est attaché à souligner les faits significatifs dans la situation de la veille en France à ce jour.
La deuxième édition du Congrès TELMI s’est tenu le Jeudi 30 mars à Lille sur le thème des outils permettant d’assister voire d’automatiser le processus de veille d’une organisation.
Ce billet retrace quelques uns des points importants abordés par Monsieur Alain Juillet dans son allocation d’ouverture.
Parmi les enjeux de la veille dans le futur, la possibilité de qualifier les sources et de soumettre leur contenu à une évaluation apparaît essentielle. La part d’information qui vient des fournisseurs de contenu est importante. Or leur choix de diffuser ou de ne pas diffuser de l’information n’est pas neutre. D’où le besoin de spécialistes capables d’analyser ce contenu.
Les outils de veille sont stratégiquement essentiels. En Europe ils représentent un CA de 800 millions d’euros et devrait augmenter de 40 % dans les 5 ans.
Alain Juillet souligne le risque que nous courons à dépendre des moteurs de recherche anglo saxons. « Si nous dépendons trop des autres pour les outils de recherche nous perdrons notre indépendance ». C’est pourquoi le projet Quaero s’inscrit parmi les missions de l’état en matière de veille.
Pour faciliter l’appropriation des outils de veille il suggère la création de grilles de définition des besoins pour permettre d’aider les entreprises dans leur choix. Le recensement en cours (organisé par le CIGREF) doit également permettre la clarification pour les entreprises. Les enjeux sont colossaux car l’information est omniprésente, surabondante et qu’il y a de plus en plus d’acteurs. 64 millions de pages sont présentes sur le web invisible et ce chiffre double tous les six mois.
Après avoir souligné que la position des éditeurs français de logiciel est forte (des éditeurs étrangers s’efforcent de débaucher nos meilleurs professionnels) le Haut Responsable de l’IE constate, en ce qui concerne les logiciels de veille, que « la parcellisation de l’offre nuit à sa crédibilité ». On compte actuellement 61 éditeurs français de logiciels de veille pour un marché de moins de 200 M€. Mais seulement quelques uns ont une taille critique permettant de les classer en fournisseurs de confiance: « la crédibilité technologique n’est pas la crédibilité financière ». C’est la raison pour laquelle certains organismes institutionnels ou d’état se tournent vers des fournisseurs étrangers plutôt que de devoir gérer des interfaces et des architectures complexes. Cependant la France a des points forts : outils à la pointe de la technologie, formation performante. Notons également que les français sont tout aussi réactif et évolutif que les autres pays du marché.
En conclusion l’Etat souhaite se mobiliser pour les outils de veille. Les axes d’actions sont:
* former, accompagner
* aider les producteurs à réussir
* créer des indicateurs d’évaluation des outils de veille
* sensibiliser et former à la veille à travers, notamment, la forte mobilisation des CCI
