nov 03

Croissance et transition énergétique

Selon les experts du GIEC qui ont publié le 2 novembre à Copenhague une évaluation mondiale dont le message est clair: face à l’ampleur du réchauffement, il faut agir vite pour réduire les émissions de CO2, ce qui est possible sans compromettre la croissance.

Selon cette évaluation « nous avons peu de temps avant que la possibilité de rester sous les 2°C ne disparaisse ».
Cela implique de se détourner massivement des énergies fossiles, d’améliorer fortement l’efficacité énergétique, de limiter la déforestation, etc, et d’investir pour cela des centaines de milliards de dollars d’ici à 2030.
Pour autant, ce tournant énergétique ne compromettrait pas la croissance mondiale, mettent en avant les experts (climatologues, économistes, océanographes, etc).
Pour les auteurs du rapport, « limiter les effets du réchauffement climatique pose la question de l’équité et de la justice et est nécessaire pour atteindre un développement durable et éradiquer la pauvreté ».

Source : Climat: concentrations de gaz à effet de serre les plus élevées depuis 800.000 ans – L’OBS.

oct 17

Le projet de loi sur la transition énergétique

Une majorité de députés s’est prononcé en faveur du projet de loi pour la transition énergétique. Le projet de loi fait le choix de ne pas opposer les énergies les unes aux autres mais d’organiser leur complémentarité dans la perspective dynamique d’un nouveau modèle énergétique évolutif plus diversifié.

Les principaux objectifs sont :

  • Porter la part des énergies renouvelables à 23% de notre consommation énergétique finale brute d’énergie en 2020 et à 32 % en 2030;
  • Porter la part du nucléaire à 50% dans la production d’électricité à l’horizon 2025;
  • Réduire la consommation d’énergies fossiles de 30 % en 2030 par rapport à 2012;
  • Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% entre 1990 et 2030 et les diviser par quatre à l’horizon 2050 (facteur 4);
  • Réduire la consommation énergétique finale de 50 % en 2050 par rapport à 2012 et porter le rythme annuel de baisse de l’intensité énergétique finale à 2,5 % d’ici à 2030.

Ces objectifs sont visualisés sur cette infographie

 

 

2701099-web-transition-ecologique-jpg_2340204On soulignera l’intérêt de ces jalons qui permettront un certain suivi de la démarche.

Le texte prévoit aussi le développement des véhicules électriques, la lutte contre «l’obsolescence programmée» des produits, des travaux de rénovation énergétique obligatoires…

oct 13

Quel avenir pour la voiture électrique ?

France 5 a diffusé dimanche 12 octobre un documentaire intitulé « La voiture électrique, pas si écolo ! » qui tente de dresser un état des lieux de l’intérêt ou non de la voiture électrique vis à vis de l’environnement.

Si son intérêt pour la circulation en ville semble avéré (au regard de témoignages d’utilisateurs) il n’en est pas de même pour la circulation sur autoroute où en l’absence de freinages intermittents la batterie ne bénéficie plus de périodes de rechargement par restitution d’énergie de la part du véhicule . Le journaliste a tenté le trajet Paris Honfleur mais n’est jamais parvenu à destination faute de trouver au bon moment un poste pour recharger la batterie.

On pourra considérer que ce test n’est pas probant dans la mesure où on est actuellement dans une phase de démarrage de l’installation des bornes de rechargement des batteries sur l’ensemble du territoire. Quand davantage des bornes seront installées, le problème sera réglé. Pas si sûr selon le reportage. En effet installer plus de bornes c’est créer un besoin supplémentaire de production d’électricité qui correspondrait in fine à la production de plusieurs centrales nucléaires supplémentaires en attendant que les énergies renouvelables soient en mesure de prendre le relais.Par ailleurs il semblerait exclu d’installer une majorité de postes à rechargement rapide (moins de 2 heures contre 8 heures pour une recharge normale) car dans ce cas ce serait le réseau actuel de distribution d’électricité qui n’aurait pas la capacité pour supporter ce complément de charge (à partir de 31′). L’installation des bornes est l’un des 34 plans industriels prioritaires du gouvernement.

L’impact environnemental des véhicules électriques serait-il aussi vert qu’on veut bien le dire ? Le documentaire montre les dégâts faits par l’exploitation du lithium (nécessaire aux batteries) à proximité des mines en Amérique du Sud ainsi que les difficultés et le coût du recyclage des batteries en fin de vie.

L’intérêt de ce reportage, apparemment bien documenté, est de susciter la réflexion à partir de l’état des lieux qu’il présente ce qui permettra à chacun de mieux fonder son opinion . Une démarche raisonnable consistera à la fois à le visionner avec un regard critique sur les thèses qu’il propose mais aussi à s’interroger sur la pertinence du discours public qui tend à présenter la voiture électrique comme le Graal de la mobilité du futur. Dans les deux cas on a besoin d’arguments clairement documentés plutôt que d’affirmations péremptoirement assénées.

Rappelons que la voiture électrique est au cœur du 5° pilier de la Troisième Révolution Industrielle décidée par la Région. Le pilier 5 (« Réinventer la mobilité des personnes et des biens ») concerne le transport par des véhicules électriques rechargeables ou à pile à combustible et vient compléter les 4 piliers précédents.  Parmi les projets cités, celui de créer 2 500 bornes de rechargement sur l’ensemble de la région (à horizon 2017).

Articles sur le sujet :

 

 

 

 

sept 30

Le pôle MAUD devient Matikem

Le pôle de compétitivité national MAUD renforce sa stratégie : il s’ouvre à de nouveaux marchés et enrichit son offre de services consacrée à la compétitivité, à l’innovation et au développement des entreprises. Pour symboliser cette nouvelle dynamique, il change d’identité et devient Matikem. A l’horizon 2018, Matikem ambitionne d’être un pôle de référence sur les nouvelles approches de la chimie et des matériaux, avec un axe soutenu sur les matériaux biosourcés.

En plus de ses 4 marchés cibles historiques – Arts de la table, Emballage & Packaging, Industrie graphique et Plasturgie – Matikem s’ouvre à 4 marchés offrant des débouchés significatifs pour les solutions technologiques développées par ses membres : Agro-alimentaire, Transport, Bâtiment et Médical.

Pour marquer cette évolution, le pôle a choisi une nouvelle identité qui confirme ses champs d’actions autour des matériaux, de l’innovation et de la chimie. Le 25 septembre 2014, au cours d’un événement de présentation aux membres et partenaires, MAUD est ainsi devenu Matikem.

avr 18

Rapport de suivi de la transition énergétique allemande

Le deuxième rapport de suivi de la transition énergétique allemande vient de paraître.

Ce rapport donne un aperçu des progrès et défis à relever dans la mise en oeuvre de la transition énergétique allemande, dans les domaines de l’efficacité énergétique, des énergies renouvelables, des centrales de production, des réseaux électriques, des émissions de gaz à effet de serre et des prix de l’énergie. Le processus de contrôle évalue en permanence la mise en oeuvre de la politique énergétique du gouvernement fédéral.

Via Bulletins Électroniques.

mar 10

Année noire pour l’éolien et le solaire en France

Le nombre de nouveaux raccordements a été le plus faible depuis au moins quatre ans.

Alors que la France est censée s’engager dans une transition énergétique, le nombre de nouvelles éoliennes et de panneaux solaires photovoltaïques raccordés au réseau chaque année ne cesse de diminuer. 2013 a même marqué un nouveau record à la baisse depuis au moins quatre ans, selon les données publiées hier par le Commissariat général au développement durable du ministère de l’Ecologie.

A lire dans Les Echos.

mar 06

Situation de la France face à l’innovation en 2013

L’étude annuelle 2014 de l’enquête Thomson Reuters, classant les 100 entreprises les plus innovantes au monde, a retenu les mêmes 12 entreprises françaises que l’année précédente. Il s’agit de Alcatel-Lucent, Arkema, CNRS, le Commissariat à l’Energie Atomique, EADS, l’Institut Français du Pétrole, L’Oréal, Michelin, Safran, Saint-Gobain, Thales et  Valeo. Toutefois la méthode utilisée par l’étude tend à privilégier les grandes entreprises.

top100innovatorsCe résultat est encourageant mais il faut aussi s’en méfier comme le montre cette autre étude de l’Union Européenne, cette fois. La France se classe au onzième rang des pays les plus innovants du continent.

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La commission souligne que « l’Europe est en train de combler son retard en matière d’innovation par rapport aux États–Unis et au Japon, mais les écarts de performance entre les États membres de l’Union européenne restent très importants et ne se réduisent que lentement« .

Au niveau régional, les écarts se creusent même, puisque près d’un cinquième des régions de l’UE ont accusé une détérioration de leurs performances. Le classement général au sein de l’Union reste relativement stable, les premières places revenant aux quatre pays qui investissent le plus dans la recherche et l’innovation, à savoir la Suède, suivie du Danemark, de l’Allemagne et de la Finlande. Le rapport indique que les pays qui ont accompli des progrès l’ont fait grâce à l’ouverture et à l’attractivité du système de recherche de l’UE, à la collaboration inter–entreprises en matière d’innovation et à la commercialisation des connaissances, telle que mesurée par les revenus tirés de la vente de licences et de brevets à l’étranger.

Le tableau de bord de l’Union de l’innovation 2014 classe les États membres dans quatre groupes, suivant leurs résultats en matière d’innovation (on notera le cas particulier de la France et de ses régions):

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  • les «champions de l’innovation»: l’Allemagne (DE), le Danemark (DK), la Finlande (FI) et la Suède (SE), dont les résultats en matière d’innovation se situent nettement au-dessus de la moyenne de l’UE;
  • les «suiveurs de l’innovation»: l’Autriche (AT), la Belgique (BE), Chypre (CY), l’Estonie (EE), la France (FR), l’Irlande (IE), le Luxembourg (LU), les Pays-Bas (NL), le Royaume-Uni (UK) et la Slovénie (SI), dont les résultats en matière d’innovation sont supérieurs à ou proches de la moyenne de l’UE;
  • les «innovateurs modérés»: la Croatie (HR), l’Espagne (ES), la Grèce (EL), la Hongrie (HU), l’Italie (IT), la Lituanie (LT), Malte (MT), la Pologne (PL), le Portugal (PT), la République tchèque (CZ) et la Slovaquie (SK), dont les résultats en matière d’innovation sont inférieurs à la moyenne de l’UE;
  • les «innovateurs modestes»: la Bulgarie (BG), la Lettonie (LV) et la Roumanie (RO), dont les résultats en matière d’innovation sont nettement inférieurs à la moyenne de l’UE.

Les documents à consulter :

Texte intégral du tableau de bord de l’Union de l’innovation 2014 (anglais).

Texte intégral du tableau de bord régional de l’innovation 2014 (anglais).

mar 04

Quelle sécurité pour les objets industriels connectés ?

L’information technologique grand public s’efforce de susciter l’émerveillement des foules en vantant le monde radieux des objets connectés, comme par exemple les frigidaires qui tiennent à jour le stock des produits, calculent les menus réalisables à partir des ingrédients disponibles et envient des alertes en cas de ruptures de stock, voire déclenchent automatiquement le réapprovisionnement par internet. On connaît aussi le pilotage du chauffage de la maison ou des volets roulants motorisés à partir d’un smartphone.

Fort bien. Mais quid de la sécurité des ces dispositifs et, au-delà, des automates industriels ? C’était le thème de deux conférences du Forum International de la Cybersécurité, l’une sur la sécurité pour les usages et les technologies de demain, l’autre sur la sécurité des systèmes industriels.

A l’horizon 2020 on estime à plus de 20 milliards le nombre d’objets connectés. La question de leur sécurité ne peut donc être éludée. En effet dès aujourd’hui on constate des cyber attaques contre des frigidaires ou des téléviseurs, ceux-ci étant utilisés pour lancer des spams. Cette situation n’est guère étonnante dans la mesure où les constructeurs de ces appareils sont experts dans leur domaine mais pas dans celui de la sécurité informatique. Connecter un appareil constitue un « plus » marketing. Mais y ajouter les dispositifs pour assurer la sécurité du réseau informatique domestique dans lequel il s’inscrit reviendrait à augmenter son prix de façon dissuasive pour l’acheteur. En l’état actuel de la technologie, cette situation apparaît sans issue. “Plus ces objets deviennent grand public, plus il y aura d’opportunités pour les cybercriminels”.

Dans le domaine industriel la situation n’est pas moins alarmante. En 2008 un adolescent de 14 ans, à Lodz dans le centre de la Pologne, avait construit un émetteur à rayons infrarouges permettant de modifier à distance l’aiguillage des rails de trams, comme dans un jeu grandeur nature. Il a ainsi fait dérailler plusieurs tramways, causant notamment un accident qui a fait douze blessés. Cet exemple donne une idée des enjeux pour le monde industriel. La plupart des équipements industriels sont pilotés par des SCADA (Supervisory Control and Data Acquisition), c’est à dire des automates programmables qui ont été conçus par des automaticiens par nécessairement enclins à prendre en compte les aspects de sécurité. Pour ne citer que des sujets sur lesquels il m’ a été donné de travailler, l’automate de pilotage d’une presse d’emballage de produits textiles, le SCADA de supervision d’un réseau urbain de distribution d’eau ou un four de cimenterie sont des équipements industriels potentiellement concernés. Le risque est d’autant plus fort que ces équipements industriels ont une durée de vie longue, sont de conception souvent ancienne et qu’il n’est pas envisageable de les remplacer rapidement pour des raisons économiques évidentes. Face à la soudaineté des attaques, le système de défense doit être mis en oeuvre rapidement; de ce fait il ne peut reposer uniquement sur l’action humaine. Selon les experts de ces question il faut envisager à terme une supervision entièrement automatique de la sécurité, par analyse comportemental des flux par exemple.

Pour faire face à ces menaces l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) développe des actions d’information et des guides d’intervention. Selon certains intervenants une attaque massive sur les systèmes industriels est un des principaux cyber risques à ce jour.

fév 25

Un modèle de transition énergétique en Suède ?

C’est le sens de cet article de Le Taurillon qui introduit sa réflexion ainsi. « La Suède est une grande consommatrice d’énergie (42MWH/an/habitant en 2010). Et pourtant, avec un taux d’émission de 5,07 tonnes de CO2 par an par habitant, elle est un des pays développés les plus décarbonnés. Cela résulte d’une volonté politique. Il est en effet prévu depuis 2005 que la Suède devienne le premier Etat non dépendant du pétrole à l’horizon 2020. Loin d’être une chimère, ce projet semble aujourd’hui réalisable« .

En effet la politique énergétique de la Suède se révèle d’une redoutable efficacité. L’énergie hydraulique représente 45% de la production électrique, le nucléaire 40% (déchets mais peu de CO2) et le reste par énergie renouvelable sauf 3% de fossile.

En application du principe de subsidiarité il a été laissé aux villes le soin de produire une électricité destinée à la consommation locale.

Source : http://www.taurillon.org/6191

jan 29

Transition énergétique : de la pédagogie avant tout

Selon Le Figaro, une étude réalisée par Veolia Environnement et IBM s’est intéressée, via l’analyse des réseaux sociaux, à la perception par la population des grands enjeux énergétiques. Un gros effort de pédagogie reste à faire pour que le consommateur prenne conscience des changements majeurs qui s’annoncent.

 

 

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